Carrières de Paris

Compte rendu d’un WE sous la capitale (du 12/04/2019 au 14/04/2019)

Participants : Alain, Alizée, Benoit, Manu, Mickaël, STef, Xavier et 2 guests de l’OCRA Paris ; Laëtitia et Krahoc.

Un petit groupe de l’OCRA Lyon s’est rejoint à Paris pour un WE riche en souterrains.

Vendredi soir

Retrouvailles, victuailles et dodo dans la Carrière “Delacroix”, gérée par nos amis de l’association OCRA Paris

Un peu d’histoire

A l’origine il s’agit d’une carrière de calcaire grossier, d’environ un kilomètre de galerie, exploitée par la méthode de “hague et bourrage”. Elle doit son nom à François Adrien Delacroix, notaire parisien qui fut son propriétaire au début du XIXe siècle.

En 1821, M. Delacroix avait pour projet de transformer la carrière en une immense réserve de blé avec l’objectif de subvenir aux besoins de Paris pour une période d’un an. Le creusement initialement prévu de plus de 20 silos, de près de 10 mètres de profondeur, ne fut jamais atteint. Sont encore visibles aujourd’hui quelques silos expérimentaux creusés pour tester la conservation du blé.

Suite à cette expérience, la carrière fut réutilisée plusieurs fois :

– Elle servit de lieu de stockage du vin de Bourgogne.

– En 1911 elle est transformée et exploitée en champignonnière

– Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fut utilisée comme lieu de stockage par l’armée allemande. 

 – À la Libération, la culture du champignon repris dans la cave-carrière et cessa en 1955.

– Depuis 1999, l’OCRA Paris est gestionnaire de la carrière et programme des visites guidées lors des journées du patrimoine.

Photos

Samedi matin/midi/après-midi (oui nous n’avons pas beaucoup vu le soleil !)

Notre bande de lyonnais a commencé sa (re)découverte des souterrains de Paris par un « petit tour » d’environ 6 heures dans le GRS.

Pour les non cataphyles, le Grand Réseau Sud (GRS) est un ensemble de galeries souterraines situé sous les 14e, 15e, 5e et 6e arrondissements de Paris. Il est formé par une multitude d’anciennes carrières qui ont été reliées entre elles au XIX siècle.

Certaines parties ont connu plusieurs utilisations spécifiques telles qu’un bunker, une brasserie, un abri antiaérien ou un cellier.

Nous ne pouvions évidemment pas tout visiter mais nous avons fait des petits crochés et arrêts sur les sites suivants :

  • Début de la visite par le nord du réseau
  • Premier passage de chatières pour tester notre souplesse, force et agilité
  • Plusieurs bains de pied où les bottes et cuissardes ont été du plus bel effet
  • Un petit coucou à Philibert Aspairt, Saint Patron du cataphile, perdu et enterré dans le GRS
  • Déambulation dans les souterrains sous l’Observatoire
  • Un cul de sac
  • Descente dans la Crypte où nous avons pu admirer au mur 2 magnifiques rosaces, œuvres dignes de vrais artistes et passionnés,
  • Pause déjeuner dans une salle où nous sommes sentis comme à la maison
  • Visite du Carrefour des Morts, situé sous le cimetière de Montparnasse. Il s’agit du deuxième plus grand ossuaire des catacombes après l’officiel de Denfert Rochereau
  • Un cul de sac
  • Petite pause au Bureau du Centre, salle entaillée dans la masse calcaire propice à la sieste pour certains membres du groupe
  • Les plus vaillants ont continué leur visite dans les galeries du second niveau en passant par l’Escalier de Christal, la Salle de la catapulte …
  • Nous finissons en beauté jusqu’à la sortie, en empruntant une artère bien inondée qui nous a valu une belle solidarité pour les plus mal chaussés

Nous avons malheureusement pu constater de nombreux tags et dégradations … En tant que membres de l’OCRA nous avons pris notre rôle très à cœur en ramassant des détritus laissés par des personnes en manque de civilité.

Attention : en raison de ses 100 km de long, de son côté « paumatoire » et de l’interdiction de circuler dans ces galeries sans mandat, nous vous déconseillons fortement d’y pénétrer en dehors des visites autorisées.

Samedi soir

Après avoir bien vérifié de ne laisser rien ni personne derrière nous, nous voilà ressorti à la lumière du jour. Mais pour notre plus grand plaisir ce fut de courte durée.

Nous avons continué notre (re)découverte de l’Au-dessoubs-terre Parisien par une visite « rapide » d’environ 3 heures du 13e arrondissement. Ce réseau d’anciennes carrières, long de 25 km, est le second plus grand réseau sous Paris après le GRS que nous venions de quitter.

Là encore le 13 étant trop étendu, nos choix de visites se sont portés sur :

  • Détour par la Salle des nuages
  • Passage par des galeries avec un ciel tellement bas que nos cuisses et dos s’en souviennent
  •  Pause pique-nique méritée dans la salle de la Brasserie après une chatière bien trop longue pour nos genoux 

Moins étendu et fréquenté que le GRS, ce réseau est un peu mieux préservé des tags et des détritus. Ce n’est donc pas une raison pour le salir davantage.

Attention : Même s’il est moins grand que le GRS, un réseau de 25km de galeries reste tout aussi « paumatoire » et interdit d’entrée. A moins de vouloir finir comme Philibert Aspairt, nous vous déconseillons fortement d’y pénétrer en dehors des visites autorisées.

Retour à la Carrière “Delacroix” pour une courte nuit.

Dimanche

Pas du tout fatigué par la journée de la vielle, notre groupe OCRA Lyon a entrepris de visiter les anciennes Carrières de Meudon. Et autant dire qu’on en a pris plein la vue ! Hauteur sous plafond de 3 à 4 mètres (je ne suis pas sure), d’immenses voûtes d’une régularité impressionnante, un quadrillage de galeries s’entendant sur 3 niveaux miroir, des restes de la Champignonnière …

Un peu d’histoire

La ville de Meudon repose sur d’anciennes carrières de craie exploitées au XVIII siècle jusqu’en 1925. Elle fournissait le Blanc de Meudon pour la composition de peintures et mastics, de produits de nettoyage et de cosmétiques.

Puis l’exploitation de la craie cessa et fut remplacée par celle des champignons de Paris jusqu’en 1973. Pendant la guerre, les carrières furent utilisées comme abri.

En mars 1986 le classement de la carrière fut signé par la ministre de l’environnement et le premier ministre de l’époque. En effet encore aujourd’hui des découvertes géologiques et paléontologiques, telles que des fossiles, sont faites, témoins de la fin de l’ère Secondaire et du passage Crétacé / Tertiaire de notre planète.

Mais en 2017, une étude de stabilité définit des zones avec un risque d’effondrement élevé. S’en suit alors le comblement de 40% des trois niveaux de carrières.

La même année la ville de Meudon connait une forte pression immobilière et souhaite s’urbaniser davantage autour de la carrière.

En 2018 une nouvelle étude de comblement est faite avec le projet de combler 45% à 60% de la surface.

L’année 2019 sera celle du comblement ou du classement des Carrières de Meudon ?

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’histoire et le futur de cette carrière, n’hésitez pas à consultez ce document.

Attention : il s’agit d’une propriété privée interdite d’entrée sans autorisation. Nous vous déconseillons fortement d’y pénétrer en dehors des visites autorisées.

Fin de notre WE sous la capitale et retour à Lyon pour de nouvelles aventures OCRA !